Allocation du Directeur Général du CONATEL pour honorer COMCEL et DIGICEL parmi les 100 premiers Entreprises Haïtiennes
Posté le 19/06/2009
Allocution du Directeur Général du CONATEL à l’occasion de la cérémonie honorant parmi les 100 premières Entreprises Haïtiennes
les Opérateurs de Services de Télécommunications : COMCEL et DIGICEL
Distingués hôtes et organisateurs de la Cérémonie,
Mesdames, Messieurs les participants ; pour la plupart, Représentants des entreprises à l’honneur.
En répondant à l’invitation du BUCOFISC pour chapeauter la distinction à décerner aux Entreprises du secteur des Télécommunications figurant parmi les 10 plus grandes entreprises du pays sur les cent premières à être retenues, je n’ai pas pu m’empêcher de voir se défiler devant mes yeux, la mémoire des différentes vies qu’a connues le secteur des télécommunications chez nous et avec elles ou à travers elles toutes les relations de vie qui en ont découlé, depuis la façon de fonctionner de l’individu jusque dans nos modes d’organisation collective et notre culture.
Au bout de ces flashs de pensée, j’ai compris que la cérémonie du jour s’inscrit, de manière bien opportune, dans une logique de reconnaissance citoyenne de l’ensemble des efforts méritoires entrepris par les tenants de l’activité socio-économique et culturelle nationale dans l’optique du bien-être collectif.
Dans le cas qui m’interpelle directement, il a toujours été universellement reconnu qu’un système de télécommunications bien géré concourt à une très grande rentabilité. Cependant, le besoin de développer des stratégies appropriées pour une croissance accélérée des services de télécommunications s’est longtemps chez nous , comme chez la plupart des autres pays de notre condition économique, trouvé en conflit avec les nécessités de base de la vie telles la santé, l’éducation, le logement, la nourriture.
Ce conflit s’est aggravé par une sensibilisation insuffisante des différents acteurs-clés du développement socio-économique, notamment des pouvoirs publics à qui incombe au premier chef la responsabilité de l’intégration adéquate des différents secteurs dans la planification nationale pour le développement.
Quoique de nombreuses études indépendantes aient démontré que le développement des télécommunications est une condition sine qua non du développement économique; que les investissements dans le secteur pouvait conduire à un rapport « bénéfices/coûts » des plus élevés, que des pertes causées par l’inadéquation des services téléphoniques avait un impact fortement négatif sur le Produit National Brut, l’évolution de l’environnement des télécommunications dans notre pays a connu, cette vie passive ou cette vie occulte marquée par de nombreuses opportunités ratées, par la stagnation ou l’atrophie même de l’effort d’investissement, l’accumulation de retards dans l’appropriation technologique ; bref par la privation de la population des bénéfices éminents d’une infrastructure et des services de télécommunications appropriées à ses besoins de développement.
Cette situation a provoqué, un sursaut de volontés marginales émanant tant du secteur privé que de certains pôles avant-gardistes des pouvoirs publics pour consacrer la rupture d’avec certains paradigmes bloquants et déterminer qu’aujourd’hui, la disponibilité et l’accessibilité de services de communications de base soit un acquis irréversible.
En ma qualité de Directeur Général de l’autorité de régulation, je crois pouvoir me réjouir, à bon escient et à bon droit, de témoigner de cette nouvelle vie à laquelle le secteur a accédé ainsi que du potentiel d’accumulation de valeurs pour le développement qu’il recèle en propre et dont il se veut, d’une manière générale, l’un des garants les plus sûrs.
Quand à l’orée des années 2000, la COMCEL a gagné, sur la base des provisions de la loi sur le secteur conférant à l’Etat le pouvoir d’octroyer des concessions pour l’exploitation des services de télécommunication pour lesquels il a le monopole, le premier appel d’offres lancé par le CONATEL pour la fourniture de services de communications cellulaires dans le pays ; la population , toutes strates confondues, désesperait de pouvoir disposer du service téléphonique de base dont elle avait de plus en plus besoin.
Avec la mise en œuvre des services de COMCEL, parallèlement aux stratégies de la TELECO de sous-traiter l’exploitation des services mobiles qui devaient venir en valeur ajoutée à son réseau filaire, l’Etat Haitien avait déjà la garantie de disposer de redevances structurées à côté des taxes que devait générer l’exploitation du réseau à travers la vente de cellulaires et de temps de trafic.
Avec l’arrivée de la DIGICEL, le modèle s’est grandement consolidé pour permettre que pour l’exercice 2007 2008 les contributions fiscales annuelles de la COMCEL et de la DIGICEL les aient , selon les chiffres fournis par la Direction Générale des Impôts (DGI), places en tete de la liste des contribuables haitiens.
Cette année, leur positionnement remarquable sur l’echiquier fiscal hairtien témoigne d’une maturation de l’environnement concurrentiel et de l’encadrement qu’il postule. Que tous les acteurs en soient félicités, à commencer par l’operateur historique , en l’occurrence la TELECO , en passant par la HAITEL qui a été la premiere compagnie a fournir, sur une base elargie ,les services mobiles en Haiti, pour arriver à ceux-là qui, aujourd’hui sont à l’honneur, la Digicel et la Comcel !
Là, nous n’avons effleuré que les bénéfices directs, en termes de rentrées financières. Si nous devions considérer les avantages indirects que la disponibilité des services provoque en termes de rentabilité et d’économie d’échelle pour les petites et moyennes entreprises, nous verrions bien que l’impact de l’entrée sur le marché de ces investissements garantit au pays un positionnement économique nouveau qui serait difficilement imaginable en l’absence de ces operateurs. A cet egard l’impact de ces operateurs sur le PIB global reste a etre evalué , mais déje on peut estimer que’il est considerable.
Mesdames, Messieurs
Il se profile aujourd’hui , en regard de l’évolutivité du positionnement économique consécutif aux énormes investissements consentis dans le secteur au cours de ces dernières années, une nouvelle vie pour le secteur qui plaide pour une responsabilisation collective par rapport aux acquis engrangés et une amplification des efforts en vue de permettre aux Télécommunications et autres technologies connexes de garantir l’intégration du pays dans la Société de l’Information et par ainsi de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Cette nouvelle vie charrie des développements importants à tous les niveaux. Pour notre part, nous nous réjouissons de la clôture prochaine du chantier de réforme juridico-réglementaire dont le CONATEL en avait fait une priorité du début de l’année 2007 et en avait stimulé la réalisation avec un appui technico-financier sans faille.
Le projet de loi qui sera soumis au parlement ouvrira la voie à un environnement de régulation technico-économique normalisé qui mettra fin à l’informalité des pratiques qui pouvait être de recours pour encadrer efficacement l’ouverture à la concurrence dans le secteur.
A ce propos, la réforme devra se poursuivre sur le chantier de la réglementation pour l’adoption sur une base concertée des instruments d’application du projet de loi.
L’autorité de régulation devra ainsi s’en trouver renforcée dans ses attributions, ses pouvoirs et les moyens tant humains, matériels et financiers qui devront lui être octroyés pour lui permettre de poursuivre l’œuvre de garantir la contribution des télécommunications au développement humain haïtien.
Il est attendu egalement une modernisation de la TELECO qui postule l’objectif de renforcer l’Infrastructure Nationale de l’Information et de rentabiliser les investissements laissés trop longtemps dormants.
Dans ce contexte, les ressources requises auprès du régulateur seront octroyées dans des conditions qui puissent prévenir toutes distorsions de l’environnement de régulation ambiant et garantir la sécurité juridique des investissements effectués et par ainsi des acquis infrastructurels existants.
Il est également attendu, aux termes du Mandat du Groupe de travail présidentiel sur les TIC, un agenda national pour le développement des TIC dans le pays.
Pour être le dépositaire du mémoire de l’évolution des telecom tant au niveau national qu’au niveau international et pour avoir su s’approprier les éminents résultats du Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui constituent le fondement de l’Intégration des pays dans la Société de l’Information, le CONATEL entend mettre les ressources en planification stratégique dont il peut disposer, au service de la validation cohérente de ces travaux produits par ce Groupe de Travail.
En attendant, le CONATEL, contribuera à travers un vaste programme de télé-centres communautaires, au développement de l’accès, qui permettra, à côté de l’aménagement numérique du territoire garanti par le cahier des charges des opérateurs existants et les autres investissements à venir , la mise en place d’applications s’inscrivant dans les lignes d’actions du SMSI et en conformité avec les besoins des collectivités.
A cet égard, il conviendra que les ressources prévues pour la régulation du secteur, puissent être effectivement mises à sa disposition. Car l’aberration pourrait être que, malgré les contributions financières importantes générées par le secteur, son fonctionnement soit hypothéqué ou biaisé.
De toutes ces vies que peuvent connaître le secteur, les seules relations de vie qu’elles doivent impliquer consistent en l’amélioration continue des conditions de vie de l’ensemble de la collectivité et in fine le développement humain.
C’est dans cet esprit que le Conatel prend plaisir à inviter les représentants de la Digicel et la Comcel à venir le rejoindre sur le podium pour recevoir les plaques d’honneur qu’il a avisé opportun de leur decerner en la circonstance.
Merci.
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